Archives mensuelles : juillet 2025

Portrait : Mallorie Pottier, étudiante à l’ENSSIB et stagiaire du projet TypoReF

De mars à juillet 2025, l’équipe du projet TypoReF a eu le plaisir de compter parmi ses membres Mallorie Pottier, étudiante en master 2 à l’ENSSIB. Le temps d’un stage, elle a très efficacement contribué à l’enrichissement de la Base de Typographie de la Renaissance (BaTyR) et à l’organisation de l’école d’été du projet TypoReF : La Fac-Tory : Fabriquer un livre au XVIe siècle. Avant son départ, elle a accepté de répondre à un petit questionnaire et de revenir sur sa formation, son parcours et son activité au sein du projet.

Peux-tu nous présenter ton parcours universitaire ? Comment as-tu découvert le patrimoine écrit ? 

J’ai d’abord suivi une licence d’histoire comprenant un parcours d’archéologie et histoire de l’art. Aujourd’hui, je suis en deuxième année de master « Cultures de l’écrit et de l’image » à l’ENSSIB. 

Ma découverte du patrimoine écrit s’est faite en plusieurs étapes. J’ai découvert au collège la calligraphie, que je pratique toujours. En licence, je me suis progressivement intéressée à la reliure, et j’ai fait en deuxième année un stage en atelier. Après ma licence, j’ai découvert l’ENSSIB et son master « Cultures de l’écrit et de l’image ». Le programme alliait complètement mes centres d’intérêt : écriture, reliure, analyse matérielle des sources et histoire. J’y ai découvert l’archéologie du livre, et j’ai souhaité me spécialiser dans le domaine. Mon attrait pour le patrimoine écrit et graphique ne se limite cependant pas au livre : les objets d’études de l’épigraphie notamment, dont le graffiti, me passionnent tout autant. 

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Sens dessus dessous

Si l’imprimerie d’Ancien Régime a disposé rapidement de matériels aux usages codifiés (bandeaux pour la rubrication, encadrements, cul-de-lampes en fin de partie…), elle nous apprend aussi que la fabrication d’un livre passe par le bricolage. Un même matériel fait souvent l’objet de différents usages, à l’échelle de la production d’un imprimeur ou libraire voire d’une édition. C’est ainsi le cas avec les bandeaux et parties d’encadrement, dont la fonction est souvent intervertie.

Les lettrines pourraient à première vue échapper à ce phénomène, la plupart des lettres ne pouvant se lire que dans un sens. Pourtant, les cas de lettrines à double fonction sont nombreux et d’ailleurs bien représentés au sein de BaTyR. Ils concernent le plus souvent des lettres dont la forme, selon l’orientation adoptée, permet la confusion avec une autre lettre. Le « D » gothique, par exemple, est souvent utilisé comme un « Q », à l’instar de BaTyR n°39689 dans le Catalogus Sanctorum et gestorum eorum de Petrus de Natalibus, imprimé à Lyon par Jacques Sacon en 1514. Cette inversion plutôt commode est une pratique d’autant plus consciente qu’elle se fait au sein d’une même édition, comme c’est le cas dans cet exemple.

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